Les petites filles de bonne famille

Les petites filles de bonne famille

par la conteuse de Ségur

Un roman pour enfants comme on les aime : cruel, édifiant et charmant.

Ce roman pour enfants, nous transporte en plein dix-neuvième siècle, au sein d’une bourgeoisie aisée, dans un monde essentiellement féminin, où les hommes ne sont que de pâles figures secondaires. Un roman cruel et réaliste, où l’on fouette les petites filles qui ont fait des bêtises, où l’on tue les mamans hérissons à coups de fusil, mais encore, où l’on apprend à pardonner, à contrôler son esprit et ses émotions, à respecter l’autre et à se donner des signes d’amour et de tendresse, en se serrant dans les bras, en s’embrassant, souvent, très souvent. « Les petites filles de bonne famille », de la Comtesse et conteuse de Ségur, apparaissent donc aujourd’hui comme une histoire étrange, presque fabuleuse, alors que l’auteur nous assure, dans sa préface, que ses personnages d’enfants sont bien réels. On a là un très beau texte, écrit dans ce merveilleux français d’autrefois, une belle langue, pure et pleine de richesses. Les enfants parlent comme des adultes sortant de l’Académie, c’est parfois kitch, parfois cucul, mais cela se laisse lire avec plaisir et ravira, on peut en être certain, tous les enfants d’aujourd’hui et de demain.

« Et, avant que personne n’ait eu le temps de s’y opposer, elle tira de dessous son châle une forte verge, s’élança sur Sophie et la fouetta à coups redoublés, malgré les cris de la pauvre petite. »

Présentation de l’éditeur : Remise en page, révisée et illustrée de gravures d’époque (de Bertall), cette belle édition des « Petites filles de bonne famille » ravira le lecteur adulte, autant que les enfants. La langue y est belle et consistante, les dialogues riches et savoureux, les histoires courtes, soutenues, sont faciles à lire, à comprendre et forment des unités morales pour l’édification des jeunes âmes. Il s’agit plus que d’un roman d’aventures champêtres, mais d’un message adressé à toutes les générations futures : l’amour pour son prochain, la générosité, le pardon, la réconciliation, l’entraide, sont les vraies valeurs qui devraient fonder toute société. En ce sens, l’ouvrage de la Comtesse et conteuse de Ségur reste d’une grande actualité.

L’auteur : Née Rostopchine, la Comtesse de Ségur, a commencé à écrire pour les enfants sur le tard, dans la cinquantaine. C’est une écrivaine française, d’origine russe. Hormis les contes, elle écrit des histoires d’enfants, réalistes, relatant les pratiques éducatives et le quotidien familial du dix-neuvième siècle en France. Appelée le « Balzac des enfants », la Comtesse de Ségur ne fait pas dans la dentelle pour décrire les châtiments corporels de l’époque, d’une façon très complaisante. On découvre aussi dans ses ouvrages les mœurs de la société au dix-neuvième siècle, comment les gens se parlent, comment on se soigne, non sans glisser ici ou là quelques clichés culturels. Dans ses histoires la dimension morale est essentielle. Récits quasi ethnographiques, les ouvrages de la Comtesse et conteuse de Ségur ont aussi esquissé une nouvelle approche de l’éducation des enfants.

Les commentaires sont clos.